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Björk : éloge inconsidéré d’un fanatique exacerbé.

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jeudi 17 mars 2016, par Loïc Hamidi
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"Les Beatles pour les années 60 [...] Björk pour les années 90" Voilà comment Björk était présentée dans le programme de Rock en Seine, lors de sa venue en 2007. On ne peut trouver plus parfaite vérité.
A l’image des Fab Four, et à mon humble avis comme personne depuis eux, Björk est parvenue, disque après disque, à réinventer, non pas seulement sa musique, mais la pop music dans son entièreté. Sans relâche, elle lui a invariablement donné de nouvelles lettres de noblesse.
Penchons nous rapidement sur son cas, au travers d’une critique sommaire (on ne peut que l’être face à l’étendu du génie et du coté novateur de notre incroyable islandaise) de sa discographie.

Björk avant Björk.

Petit bout de femme, née en Islande en 1965, Björk Guðmundsdóttir (à vos souhaits) vit son enfance partagée entre sa mère, au milieu d’une communauté hippie où l’on écoute les Beatles (encore eux !) , Hendrix ou Janis Joplin et où la petite fille apprend vite à être indépendante, et sa grand mère plus portée sur Piaf ou Ella Fitzgerald. Très tôt, aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle est attirée par la musique, chante sans arrêt, une habitude qu’elle ne perdra jamais et qui est rapidement attisée par son entrée en école de musique, où elle découvre les compositeurs savants et savoure Debussy et Stockhausen. Elle n’en perdra jamais le goût et si sa musique est résolument pop, elle y intégrera, avec une audace qui n’a d’égale que sa réussite éclatante, de nombreux éléments issus de sa formation classique.
Son premier disque, amusant aujourd’hui, notamment pour sa reprise en islandais de... The Fool on the Hill (décidément !), elle l’enregistre à 11 ans. C’est le départ d’une longue et riche carrière qui se poursuit dans différents groupes locaux, aux affinités allant du punk au jazz. Le début de sa carrière internationale, elle le connait d’abord avec KULK mais surtout avec le groupe issu de cette formation, The Sugarcubes. Sympathique mais loin d’être révolutionnaire, le plus grand mérite de ce groupe a été de faire connaitre Björk dans le monde. Il n’y en a en effet rapidement que pour elle, cette chanteuse islandaise (du jamais vu sur la scène internationale à l’époque), débordante d’énergie et de charisme et à la voix si particulière et puissante.
En parallèle, elle a le temps d’enregistrer, avec un autre groupe, un plaisant album de reprise de standards du jazz en islandais, Gling Gló.
La carrière en dent de scie des Sugarcubes s’achève en 1992. Björk en profite pour faire le tour de l’Islande en vélo, hébergée par les habitants locaux en échange de petits travaux. Durant ce périple, elle s’imprègne de cette nature brute dont elle parle toujours avec tant de respect et d’humilité. Ce retour aux sources est capital pour sa musique qui en est définitivement imprégnée.
Après s’être finalement installée à Londres, elle enregistre son premier vrai album solo, dont le titre seul prouve sans équivoque qu’elle le considère elle aussi ainsi.

Music goddess.

Debut sort donc en 1993, et c’est une claque à laquelle personne ne s’attendait. Aidée par son ami Nellee Hooper, producteur de Massive Attack (amusante croisée des chemins tant ces deux "groupes", Massive et Björk, vont tout le long des années 90 et même au delà, régner en maitres incontestés sur la musique pop d’avant garde et dicter de nouvelles règles à chaque nouvel album), elle pond un monument pop electro, plein d’audace (The Anchor Song !) et de prises de risques ô combien récompensées. On comprend rapidement que la Björk des Sugarcubes n’était que la partie émergée de l’iceberg, on ne sait pas encore qu’on est loin d’avoir tout vu de cette force de la nature. On danse sur Human Behaviour ou Violently Happy, on plane sur Come to Me, on frisonne (et comment !) sur One Day. Cette dernière est d’ailleurs sans doute ma préférée de ce "Debut" plus que prometteur. C’est un album qu’on vit, déjà, comme tous ceux qui suivront d’ailleurs.

Loin de se reposer sur ses lauriers, notre déesse islandaise profite de son succès pour dicter totalement ses règles et s’amuser comme elle l’entend sur son second album, Post, sorti en 1995.
Dès l’intro de la première chanson, Björk nous noie avec un son bien lourd : avec Army of Me elle montre qu’elle peut aussi faire du rock, avec talent comme toujours. Hyperballad porte très bien son nom, très prenante et incroyablement planante avec sa basse reposante, un refrain qui part dans l’electro et des couplets qui tirent toute leur beauté de leur simplicité. La cultissime It’s oh so Quiet, reprise du Blow a Fuse hollywoodien, est, à la façon d’un Wouldn’t it be Nice des Beach Boys, la chanson qui met invariablement de bonne humeur, sauf si on en abuse vraiment. Enjoy, co-écrite par son boyfriend du moment, qui n’est autre que l’immense Tricky, est prenante, carrément hypnotique même et très mais vraiment très sexuelle. Le texte, hautement explicite correspond parfaitement à la musique et à ces basses lourdes, un peu glauques voire sales. Isobel préfigure Bachelorette, en plus immature peut être, mais ça peut aussi être vu dans un bon sens, avec ses magnifiques violons, cette envolée mélodique presque poétique. I Miss You est énorme avec ses trompettes et ses rythmes très prenants, c’est une chanson folle et diablement jouissive, dont l’intensité ne fait qu’augmenter jusqu’à la fin, véritable explosion.

Mais son sommet elle l’atteint, c’est pour moi une évidence, avec son troisième album, l’immense Homogenic, daté de 1997.
Ce monument, ayant pleinement sa place au panthéon des meilleurs albums de tous les temps (je l’affirme !), se distingue par un mélange osé mais surtout par une totale réussite de ce dernier. Le mélange de ces rythmes et ces petits sons électroniques géniaux et si inventifs dont Björk a le secret (mention spéciale à Hunter ou à Pluto, c’est à se tordre la nuque ! ) avec ces cordes, cet orchestre merveilleux et ensorcelant.
Il est si émouvant sur Jogà, hymne à la contemplation, à la beauté de la nature (Michel Gondry, partenaire de toujours ne s’y est pas trompé en réalisant le clip) qui parvient de façon extraordinaire, j’ai envie de dire comme par magie, par celle de la voix de Björk, à nous prendre aux tripes ; il est tellement bouleversant sur Bachelorette.
Bachelorette qui est tout simplement la meilleure chanson de Björk. Ce n’est pas peu dire et pourtant j’irais même plus loin...Existe t-il une chanson qui égale cette intensité ? Elle est le mélange parfait d’un texte sublime, de loin mon préféré chez Björk, la rencontre, l’union improbable du tragique, avec cette mélodie si marquante, déchirante et enchanteresse, et de l’épique avec ces rythmes sublimes et si recherchés ; mélange qui est emporté, transcendé, par cette voix, par cette démonstration vocale stupéfiante. La maîtrise qu’a Björk de cette dernière impressionne, épate, dans ses intonations surprenantes, dans sa richesse et sa puissance mais surtout dans l’émotion qu’elle dégage.
Citons également la très belle Unravel, triste mais sublime chanson d’amour, adorée de Thom Yorke qui en parle comme étant l’une des plus belles du monde. où là encore on s’accroche du début à la fin à la voix de Björk, cette voix qui plonge littéralement au fond de nous pour y réveiller les émotions les plus poignantes. Five Years est plus révoltée ("I’m so bored with cowards") et bougeante, avec son rythme très efficace. Alarm Call porte bien son nom et sonne comme un réveil, à la fois pour Björk, après la ( trop ? ) poignante et ( trop ? ) pleine de regret Immature, mais aussi pour ses auditeurs. On y trouve, en quelque sorte, dans le refrain, le crédo philosophique de Björk : "I want to go on a moutain top / With a radio and good batteries / And play a joyous tune / And free the human race from suffering". Changer le monde, le rendre meilleur, grâce à la musique, joli message.
Et là vient l’explosion Pluto : on y est prêt ou on ne l’est pas. D’ailleurs Björk s’excuse elle même de ce qu’elle va faire faire "subir" : "Excuse me / But I just have to / Explode / Explode this body / Out of me". C’est un énorme défouloir, certes mais si jouissif, si prenant, dans ses refrains hallucinés, dans son rythme improbable, si violent et pourtant tellement irrésistible . Surtout on sent que Björk en avait un besoin impérieux, après un album aussi chargé en émotion et en mise à nue, rempli de tristesse et de regrets, elle doit passer par la colère, par l’explosion donc, pour envoyer tout ça au diable, sorte de tabula rasa s’ouvrant sur un meilleur renouveau avec All is Full of Love, hymne véritablement saisissant à l’universalité de l’amour.

Arrive alors Lars von Trier. Le réalisateur danois a envie de tourner une comédie musicale, et il pense à Björk, sans doute influencé par le génial clip de It’s Oh so Quiet. Celle-ci accepte de se charger de la B.O., Selmasongs, s’y investit pleinement, appréciant cet exercice nouveau, où elle doit composer selon certaines contraintes, en se mettant dans la peau de quelqu’un d’autre, Selma.
Tchécoslovaque émigrée aux États-Unis, Selma devient aveugle mais travaille nuit et jour dans une usine pour éviter le même sort à son fils par le biais d’une opération onéreuse. Sa vie bascule petit à petit vers l’horreur la plus complète. Devant l’insistance de von Trier, Björk accepte de l’interpréter dans le film. Une expérience qu’elle détestera et dont elle parle comme d’un véritable traumatisme, s’impliquant peut être trop dans son personnage au destin dramatique, au point de se confondre avec elle, se disputant régulièrement avec le réalisateur, ne supportant pas l’ambiance d’un tournage... Et pourtant ! Quelle performance ! J’ignore combien d’actrices ont reçu le prix d’interprétation féminine à Cannes pour leur premier rôle au cinéma, mais elles doivent être rares...
Quand j’ai vu ce film, je suis définitivement tombé en admiration absolue, j’ai été comme condamné à vouer un culte à cette femme, artiste accomplie qui transforme en or tout ce qu’elle touche. Elle y est exceptionnelle, c’est une actrice fantastique (comme on pouvait le deviner à ses clips), et le film est vraiment sublime, même si on y trouve, comme toujours chez Lars von Trier, une fascination morbide pour la souffrance qu’il est parfois difficile de supporter. Et le pathos ne fait qu’augmenter graduellement tout le long du film, jusqu’à cette dernière scène, ultime géhenne de cette martyre moderne.
Oasis dans un désert aride, les scènes musicales, sont des bijoux magnifiquement filmées. Pour elles, von Trier avait placées près de 100 caméras fixes à différents endroits, filmant sous autant d’angles les scènes, avant de procéder à un ingénieux montage. Le résultat est plus que probant. Aux couleurs sales, ternes et flous de cette réalité qu’elle ne distingue plus tout tout à fait succèdent une ribambelle de couleurs chatoyantes formant un monde où tout n’est que chanson et bonheur. Chaque retour au monde "réel" est une baffe autant pour Selma que pour nous.
Mais comme elle aime tant le rappeler (elle ne cesse de prendre ses distances par rapport au film quand on lui en parle), Björk n’est "pas une actrice, mais une musicienne". Et Selmasongs est un album sur lequel, de son propre aveu, elle a beaucoup plus travaillé que sur les précédents. Il occupe donc, dans sa discographie une place tout aussi importante que ses albums studios. Cvalda et ses bruits d’usine recyclés en rythmes savoureux, Scatterheart, si poignante, avec son introduction à la voix bouleversante de justesse et d’émotion, New World également excellente, mais surtout I’ve Seen It All... Merveille absolue, nominée comme chanson de l’année aux Golden Globes et aux Oscars, elle transcende la meilleure scène du film, qui est l’une des plus belles du cinéma à mon goût. Ce morceau est définitivement l’un des meilleurs de Björk. Surtout que sur la B.O., Thom Yorke l’accompagne et pousse la perfection encore un peu plus loin.

Vespertine, sorti en 2001, est une totale mise à nue de Björk, une invitation à entrer dans son intimité. C’est également, je pense, l’album qui demande le plus de temps avant de pouvoir être apprécié à sa juste valeur. J’y ai mit beaucoup de temps, mais l’effort est plus que récompensé, je vous l’assure.
Je trouvais jadis que l’album se répétait, qu’il était trop simple, en vu des prises de risques qu’elle avait prit sur d’autres albums. En fait j’ai l’impression que c’est parce qu’on peut considérer Vespertine comme une chanson très longue, un album beaucoup plus "homogène" que son illustre grand frère. On retrouve donc des éléments récurrents dans les différentes chansons, en particulier un aspect onirique et "douillet". Björk en parle d’ailleurs comme une "ode au foyer", comme un album à écouter chez soi l’hiver, dans le noir. Ainsi, des mélodies à la harpe ou de boites à musique subliment des basses plus discrètes mais toujours de qualité. L’ambiance globale est un peu cotonneuse, sonne comme une berceuse de luxe. Et finalement les chansons ont un intérêt individuel, et pas qu’un peu.
Tout d’abord, ça vient comme une évidence, Pagan Poetry, peut être son plus grand chef d’œuvre avec Bachelorette. En fait cette chanson, qui est tellement parfaite, tellement émouvante et envoutante, est le sommet de l’album, de cette longue chanson. Elle en est d’ailleurs à peu près le milieu, le centre. Je suis à chaque fois étonné de son intensité extrême ; si j’étais croyant je dirais que cette poésie païenne est d’inspiration divine ! Le moindre petit bruitage ou placement de voix, la moindre petite mélodie semblent avoir été pensés pour que l’ensemble atteigne la perfection absolue. Un simple changement d’un ton me semblerait une offense, une hérésie.
Hidden Place, qui, je trouve, porte très bien son nom est un début parfait, elle annonce la couleur. "We go to a hidden place", cet endroit caché c’est le monde intérieur de Björk. Et la chanson arrive à donner, autant par ces rythmes que par ses chœurs ensorcelants, cette impression, de voyage, de déplacement, de descente surtout, vers un monde caché, magnifique mais sombre qu’on ne demande qu’à explorer.
Cocoon est sublime, Björk se met totalement à nu (ce n’est pas étonnant qu’elle le soit dans le clip), et sa voix y est si puissante dans sa retenue, si démonstrative dans sa pudeur ! Parlons également d’Aurora, encore une chanson qui porte bien son nom, avec ses magnifiques chœurs, qui sonnent comme un espoir pour la suite du chemin. Enfin vient Unisson, dernière chanson, qui est un hymne à la beauté, que je vois personnellement comme un hymne à la paix, à l’entente. Une des rares chansons qui peut me faire pleurer à la simple écoute de son refrain. "Let’s unite tonight, we shouldn’t fight, embrace you tight", la force et l’émotion que Björk met dans ces mots, certes d’une grande simplicité pourtant, sont sans comparaison avec la quasi-totalité de la production musicale, à vous faire vibrer, pleurer je vous dis !

Medullà (2004) est sans doute son album qui a fait couler le plus d’encre. Un album sans instrument (à peine un piano sur une chanson) avec des voix comme seule base, un défi pour Björk qui se disait alors "ennuyée" par les instruments (quelle prétention tout de même !).
J’adore les premières pistes, la fabuleuse Pleasure is All Mine, l’inquiétante, la presque ésotérique Where is the Line ? où Rhazel, la boite à rythmes humaine, me met toujours autant sur le cul, la très émouvante Show Me Forgiveness où l’on s’accroche à la voix de Björk, qui, seule, brise délicieusement le silence, ou Who Is It qui donne tellement envie de chanter avec elle. Oceania possède sans doute le meilleur texte de l’album, signé par son pote le poète Sjön (co-auteur d’Isobel, de Bachelorette et de Wanderlust par la suite). C’est l’hymne à la nature par excellence de cet album qui en est déjà un en soit : "you show me continents, i see the islands, you count the centuries, i blink my eyes". Comme avec beaucoup d’autres chansons de l’album, on hallucine de trouver une telle richesse, autant mélodique que rythmique, alors que tout est fait par des voix, et celle de Björk en est le trait d’union, le fil conducteur qui se lâche complètement ici.
On ne peut que s’incliner devant le résultat hallucinant de cette audacieuse entreprise, un album aussi riche musicalement alors qu’il ne comporte pas d’instrument ! Le résultat est incomparable avec ce qu’une Camille à pu faire, même si Le Fil est un très bon album, le travail n’est même pas comparable.
Cependant, la deuxième moitié est moins impeccable. En effet je trouve que certaines chansons deviennent rapidement cacophoniques, ce qui est souvent la faute de Tanya Tagaq,une chanteuse inuit dont je ne supporte plus les gémissements. Submarine est juste inintéressante, Desired Constallation et Sonnet-Unrealities IX sont assez jolies mais pas transcendantes mais alors Ancestors et Mivikudags, elles, s’apparentent plus à des tortures auditives qu’à de la musique et elles n’ont définitivement pas leur place dans la discographie de Björk. C’est un peu l’équivalent de l’ignoble revolution N° 9 des Beatles, on se dit alors qu’il y a une limite à l’avant-gardisme ! Je n’ai découvert la pauvre Mouth’s Craddle que très récemment, enfermée qu’elle est par ces deux horreurs. Elle y "gagne" de donner l’impression d’être également cacophonique, alors qu’en fait elle ne l’est pas. Mieux, elle possède un des rythmes les plus efficaces de l’album et j’adore la façon qu’a Björk d’y scander les paroles.
La dernière piste, Triumph of a Heart est finalement très bonne, elle ne se prend pas au sérieux, je l’avais même trouvé ridicule au début, avec ses miaulements de chats (le clip est hilarant en passant) mais elle reste toutefois riche musicalement, et les intonations de voix de Björk y sont uniques dans sa discographie.

Volta, son dernier né, sorti en 2007 (on attend d’ailleurs le prochain avec impatience !) est en demi teinte. Il contient des perles et met les cuivres à l’honneur. Earth Intruders est grandiose, avec les rythmes militaires, tribaux de Konono N°1, et le synthé de Timbaland. Timbaland qu’on retrouve avec joie sur Innocence, chanson peut être encore plus réussie, une des meilleures de Björk, carrément. Le rythme saccadé, la voix et sa façon de scander le texte, les sons électroniques délirants et terriblement accrocheurs... on a juste envie de l’écouter en boucle, encore et encore. Wanderlust, si elle possède une intro un peu trop longue est l’autre sommet de l’album à mon gout, c’est la Bachelorette de Volta, les rythmes sont hallucinants à nouveau, la chanson est épique, les cuivres hérissent les poils, la voix est fantastique, si convaincue et convaincante quand elle nous balance ses "Wanderlust, from island to island" ("envie de voyage" en allemand) on a juste envie de partir avec elle. Declare Indepedence est un nouveau Pluto, une nouvelle explosion qui va peut être encore plus loin dans le crescendo, la fin s’assimilant à un énorme mais jubilatoire pétage de plomb.
Enfin, les duos avec Anthony Hegarty sont des merveilles d’émotions, la rencontre de deux voix à part. Beaucoup préfèreront My Juvenile, qui est beaucoup moins longue, que Dull Flame of Desire, mais que je trouve personnellement moins intense. La longueur de la deuxième est nécessaire pour produire l’effet escompté, à savoir un magnifique crescendo qui finit en apothéose.
Je regrette juste un vide au milieu de l’album, des chansons qui ne marquent vraiment pas, qui ennuient presque.

Précisons également que sur l’ensemble de cette discographie, Björk s’est entourée des meilleurs techniciens et des meilleurs producteurs et que la qualité du son de ses albums est simplement exceptionnelle et ajoute encore de la superbe aux chansons. Un bonheur avec un bon casque.

Finissons par un petit mot sur sa vidéographie.Comme pour ses albums, Björk s’entoure très bien, les meilleurs réalisateurs se l’arrachent. Faut dire avec une tête comme la sienne... Unique et si expressive, c’est dingue comme elle passe du désespoir aux rires, et l’intensité des émotions qu’elle communique. Et cette femme a un univers si particulier : tous ses clips sont avant tout des collaborations, la rencontre de deux univers, celui d’un réalisateur avec celui de Björk.
Je conseille tout particulièrement ceux de Pagan Poetry (une merveille, à l’image de la chanson), de It’s Oh So Quiet, de Bachelorette (la meilleure des rencontres Gondry/Björk), de I Miss You, d’ Hidden Place et de All Is Full Of Love .
Plus récemment Wanderlust m’a beaucoup plu avec son graphisme très particulier, mais le meilleur clip d’une chanson issue de Volta est clairement Innocence, issu d’un jeu-concours dont le gagnant a été choisi par Björk, qui est une véritable démonstration graphique et qui possède une identité visuelle très forte.

jeudi 17 mars 2016, par Loïc Hamidi
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