Berges inondées, égouts qui dégorgent, rues englouties, … nous sommes en 1910 et Paris disparaît sous les flots. Frappée depuis des jours par des pluies torrentielles, la capitale se fige.
C’était il y a tout juste un siècle. Bien que centenaire, la grande crue est restée inscrite dans la mémoire collective. Les frimas venus, son spectre rôde au gré des averses et l’on se prend chaque année à redouter une nouvelle catastrophe. Car l’inondation engendra bon nombre de dommages, une grosse prise de conscience et les mesures de précaution qui vont avec.
Deux expositions nous invitent à nous souvenir au travers d’approches complémentaires.
La Galerie des Bibliothèques de la Mairie de Paris plonge, c’est le mot, dans le souvenir de la ville engloutie. Photos, cartes postales, affiches, journaux d’époque retracent les aquatiques déboires d’une Lutèce métamorphosée en Sérénissime. Outre les spectaculaires mutations du paysage urbain, l’exposition met en relief la totale désorganisation d’une ville moderne soudainement privée de lumières, de gaz et de transports. Les problèmes d’approvisionnement, l’impossibilité de contenir l’action dévastatrice d’une nature hostile, l’ampleur des dégâts au lendemain de la décrue laissent présager les conditions de vie précaires d’une population sinistrée qui tente d’endiguer le désastre avec les moyens du bord. Le tout sous le regard parfois amusé, toujours sensationnaliste de la presse française et étrangère qui titre sur cette catastrophe sans précédent.
C’est justement sur les conséquences de cette catastrophe que revient Le Pavillon de l’Eau. L’exposition passe rapidement sur la description des évènements pour se concentrer sur une approche plus technique : Quels enseignements les ingénieurs de l’époque ont-ils tiré de cette expérience ? Quelle politique de prévention fut ultérieurement adoptée ? Comment appréhenderait-on aujourd’hui pareil phénomène ? Les deux premiers étages du bâtiment répondent à ces problématiques en des termes clairs, au travers de panneaux explicatifs d’une rare limpidité, avec des illustrations précises et facilement abordables. Quant au sous-sol, il abrite les montages photos d’Hervé Bernard qui nous livre sa vision d’un Paris nouvellement inondé.
Renseignements :
- Exposition Paris inondé 1910 Galerie des Bibliothèques – Ville de Paris Du 8 janvier au 28 mars 2010-02-20 http://www.paris.fr/portail/accueil/Portal.lu t?page_id=1&document_type_id=2&document_id=77991&portlet_id=21057
http://www.inondation1910.paris.fr/
- Exposition La grande crue de 1910 – Et aujourd’hui ? Pavillon de l’eau Du 20 janvier au 17 avril 2010 http://www.eaudeparis.fr/page/pavillon/exposi tions/temporaire?page_id=196









